Regard curieux sur une capitale en MOUVEMENTS

°théâtre°danse°performances°musique°acrobaties°bruit°mots°


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vendredi 23 octobre 2009

Porn film festival - X Women

Berlin, capitale du sexe. Berlin, capitale du underground. Berlin, 4e Porn film festival. Ca s'est ouvert hier soir au Movimiento, deux salles combles pour s'envoyer le joyeux The Band, film classé H L X F dans le Programmheft du festival, en décrypté ça donne: Hétéro Lesbien classé X Féministe. On aurait pu ajouter Comédie. Le film nous vient d'Australie, signé Anna Brownfield qui se définit elle-même comme une réalisatrice féministe. C'est un peu le leitmotiv de l'édition 2009 du festival. Les femmes ont pris en main leur sexualité et se mettent à faire du porno, derrière la caméra. Près de la moitié des films présentés cette année ont été réalisés par des femmes, dont les françaises Emilie Jouvet et Ovidie, Maria Beatty, Petra Joy, Julie SimoneShine Louise Boston... et Anne Brownfield. "The Band" suit un trio rock au sommet des charts australiens. Le rock y sonne gras, ça sniffe sur les comptoirs, et les scènes de cul sont filmées joliment (si, si). On ne retiendra pas vraiment le scénario, mais les acteurs sont plutôt pas mal, loin des canons du genre, les blondes et les mecs n'y tiennent pas le beau rôle, et les brunettes lesbiennes en ont dans la tête. Après la projection dans un Movimiento transformé en porn lounge où même les chiottes ont été déclarées unisexes (pourtant on connait l'attachement des Allemands aux séparations), j'ai rencontré Anna Brownfield, grande rousse pétillante et classe. Son film ne prend pas de détours, première scène, dans les chiotes où un chanteur en mal de frissons 70s (mimé sur Jim Morisson) tringle une blonde pendant que le public l'attend sur scène. Rock'n roll attitude. D'entrée le garçon atterrit dans la case "gros cave" et la groupie dans celle de la "tout à fait blonde". Photo du sperme de la star collée dans son cahier de fan. Eclat de rire général. Anne Brownfield a de l'humour et surtout une belle image, qui caresse les acteurs sans jamais se répéter, enchaine les scènes de cul avec originalité et surtout sans longueurs. Les acteurs jouent plutôt pas mal, mention spéciale au bassiste, joué par Rupert Owen, ses moues boudeuses et sa scène d'anthologie de masturbation dans le camion de tournée. Un ami de la réalisatrice qui reconnait qu'elle a pu "lui demander tout ce que je voulais. Il était toujours partant". Bande son rock et grasse, bien comme il faut, tout juste la scène finale, happy end lesbien, qui vire un peu à la guimauve sur une musique d'ambiance. Mais Anne se défend "toutes les autres scènes de cul du film sont des coups d'une fois, de la baise pour de la baise. Là c'est une histoire d'amour qui commence, j'ai voulu faire quelque chose de plus doux". Dans son film mecs et blondes en prennent pour leur grade, mais jamais méchamment. Scène d'anthologie du batteur queer fétichiste à quatre pattes reniflant les braguettes. Ce sont bien les femmes et les brunes qui s'en sortent le mieux. Féministe alors? "Définitivement. Même si en Australie, quand on dit féministe, on pense lesbienne". Et vous êtes lesbienne? "Non, pas du tout!" En Australie, le film n'a aucune chance de sortir, "trop de lois puritaines" trainent encore. Anna Brownfield vient donc trouver clients en Europe. Son film va être distribué en Allemagne en DVD (dans une version plus soft et doublé...), même les States devraient le mettre en rayon. "On a du mal parce qu'on ne peut pas mettre mon film dans une catégorie, il est à la fois hétéro, homo, lesbien, féministe, fétichiste. Au début on avait appelé ça du Chick Porn". Ouais, pas si chic tout de même au vu des frasques des rockers en chaleur et de leurs fans hystériques. Avant le film, les organisateurs avaient prévu deux courts métrages mêlant cul et musique. Mention spéciale à l'hilarant "Don't you take it?" de Kirby Ferguson. Allez je ne résiste pas...
Le festival continue jusqu'à dimanche, impossible de lister tous les films mais on conseille les courts métrages, notamment la session Fun Porn rediffusée dimanche à 12h, le film de clôture, le cultissime Alice in Wonderland (1976), le destroy "The life and death of a prono gang" qui nous arrive de Serbie ou l'hilarant The Auteur (samedi, 0h30). Le festival organise sa plus grosse party demain soir au Monster Ronson's le karaoké de la Warschauer Str. Performances, concerts, Djs et surtout concours de Air Sex. Y'a encore des places pour les concurrents.
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mercredi 22 octobre 2008

Slam, porno and queer


Attention gros mot. Pornfilmfestival. 3e du nom. Ca démarre ce soir au Movimiento, à deux pas de chez moi, à la frontière entre Neukölln et Kreuzberg. Quatre jours de projections regardant l'autre facette due la culture porno, celle des féministes, des lesbiennes, gays et trans, des fétichistes et des SM, des intellos et des rigolos. Ce qui reste sur la pellicule une fois débarassée du cul à la papa, des clichés du désir masculin, de l'éroticocentrisme hétéro, de l'idée d'une femme soumise ou pute." On en a marre d'avoir toujours la même esthétique, les mêmes figures imposées. Il faut modifier les codes traditionnels en hybridant par exemple les genres filmiques (...) On souhaite montrer que la vocation du porno n'est pas seulement la branlette" commentait Maxime Cervulle, l'organisateur du festival du même nom début octobre à Paris. " Il faut lever les idéees reçues, lever le moule, éclater les limites du genre", renchérit Céline Robinet, qui organise la première soirée du festival porno berlinois. Je rencontre Céline dans une vieille cafet italienne de Neukölln où la tenancière hésite à mettre le chauffage en route rapport au prix du gaz qui augmente beaucoup trop vite. Devant un café (pour moi) et une pizza (pour elle), on devise courtoisement cul, gode, vision hétéronormée et poésie. A quelques centimètres une grande vierge veille sur nous. Céline Robinet, alias Kakosonia (son nom de slameuse) est connue ici du monde francophone pour tenir une chronique dans la Gazette (le journal français de Berlin). Elle slame aussi, elle écrit, elle milite, elle court dix projets à la minute. Prochain en route un livre sur le fétichisme des pieds et de la chaussure avec le photographe KLTbloc et un autre sur "20 bonnes raison de ne pas être hétéro". Car oui, Céline est lesbienne. Cheveux rasés d'un côté mais décolleté avantageux. "Je suis de celles qui ne rejettent pas la féminité. Je peux aussi me la jouer très masculine, ça dépend." Ce soir donc, elle organise avec pour complice Wendy Delorme, actrice dans le premier film porno lesbien français, performeuse queer, égérie post-féministe et auteure du roman "Quatrième Génération" (Grasset), une soirée "Sex can save the world" à coup de lecture (en français et en allemand), de slam érotique, et de performances (Océan, dragking berlinois). Partant du constat que la sexualité lesbienne est un genre sous-représenté y compris dans le porno, Céline appelle au prêche! "Parlons-en, montrons-la avec des mots et des images". Une profession de foi qui appelle à contourner la représentation masculine de la lesbienne et la conception répandue de "les lesbiennes, c'est doux, ce sont des caresses : c'est pas vraiment du sexe". Dans le porno classique, la lesbienne, présente, finit toujours pas s'offrir à l'homme. C'est lui qui la "termine" en sorte. A bas donc "la réification de la lesbienne au service de l'homme". Oui, certes, mais le porno est-il nécessaire? "Oui, dans le sens où il véhicule des images. Il est important que les lesbiennes prennent ça aussi en main, qu'il existe un porno fait par les femmes et pour les femmes". Et pour prouver que le genre lesbien est loin d'être un truc gentillet entre goudous frustrées, et que la pénétration n'est pas l'apanage de la masculinité, Céline a convié à sa soirée Gur, aussi appellé "Jerusalem Drag Kingz", qui viendra vendre des gode-ceintures et harnais en chambre à air de vélo (spécial végan pour ceux qui supportent pas la matière animale). Et sa copine Wendy animera un workshop sur les techniques et usages du fisting pour femmes et trans. Dans la cafét italienne, la vierge nous écoute toujours mains jointes, yeux baissés. On se dit peut-être à demain. Ca se passera au Wirrwarr, bar galerie tout récent tenu par deux Françaises, à 20h pour 3 à 5 euros (selon l'envie et les moyens). Pour ceux que ça tente le festival s'ouvre ce soir au Movimiento (Kotbusser Dam) avec "Bad luck Betties" de Winkytiki.

Demain "Sex can save the world", 20h, avec Wendy Delorme, Kakosonia, David le Guillermic, Ocean, et les sex toys vegane (si, si c'est pas de la blague, en chambre à air de vélo....) de Gur. Wirrwarr bar, Dieffenbachstrasse 36, Kreuzberg, Berlin. .
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