Lundi soir, 21h30, premier rang du Magnet, club de l'est berlinois. - Et c'est qui alors le mec de Portishead??? - Celui là au milieu avec sa barbe? - Nannn m'assure Julien qui est mon wikipédia portatif du rock. Nan nan c'est le blond là à gauche à la batterie. - Ah ouais? là ce post-adolescent avec sa gueule boudeuse .... Geoff Barrow himself, tiers de Portishead qui s'est incrusté dans mon salon depuis Third et ses accents à vous filer le bourdon un soir d'hiver à Berlin (comme si y'avait besoin de ça).Basse et guitare rythment des bruits lancinants. Beak est lancé. Un an d'existence à peine, un album trituré en 11 jours en studio, à l'ancienne. Une première tournée entre potes, un concert qui a le goût du spontané et du maitrisé. Une sorte de confédération bristolienne du rock post-pubère entre gens qui ont de la bouteille. A la batterie, Geoff ne lâche rien, tient le rythme sans un break, sans une respiration, avec un acharnement entêtant. De l'autre côté de la scène un mec poupin, genre autiste à bloquer des heures devant une Playstation, fait homme orchestre, triture du synthé comme un dieu, gratouille la guitare, ronronne à la batterie, s'essoufle sur l'anche d'une clarinette avant de bidouiller trois effets. Voilà Matt Williams. Au milieu, pour calmer les montées délirantes, le bassiste Billy Fuller calme le jeu, mène la partie finement. Dans un Magnet plutôt bien rempli pour un lundi, ça écoute attentivement ce truc spontané, sans prétention, tripant. A peine plane t-on un peu trop haut qu'un coup de batterie puissante, un bidouillage sonore nous tire du travers psyché. Ici c'est du trip hop noisy, cadencé, que je n'irai pas jusqu'à qualifier de trip post kraut- d'autres s'en chargent à ma place - Beak est simplement l'un des meilleurs trip post kraut qu'il m'ait été donné d'entendre ces dernières années sic- . Ils ont l'air fatigués les Beak, le week-end a peut-être été trop rude. Pas de rappel, mais les stars rangent tous seuls leur matos, on les trouve plutôt syhmpathiques, pas bégueules. On regrette pas le trajet jusqu'aux confins de l'Est berlinois un lundi soir sous la pluie. Pour ceux qui en savoir plus Beak, George Barrow parle de son projet sur le gonzo site Gonzaï, avant leur concert au nouveau Casino, à Paris. A Berlin, comme d'hab tout ça s'est fait dans le calme, sans grand plan promo, sans surchauffe aux entrées, entre gens civilisés plus tout jeunes. Même pas un sifflet, quand Beak zappe le rappel.
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mardi 8 décembre 2009
Beak - le son de Bristol
Lundi soir, 21h30, premier rang du Magnet, club de l'est berlinois. - Et c'est qui alors le mec de Portishead??? - Celui là au milieu avec sa barbe? - Nannn m'assure Julien qui est mon wikipédia portatif du rock. Nan nan c'est le blond là à gauche à la batterie. - Ah ouais? là ce post-adolescent avec sa gueule boudeuse .... Geoff Barrow himself, tiers de Portishead qui s'est incrusté dans mon salon depuis Third et ses accents à vous filer le bourdon un soir d'hiver à Berlin (comme si y'avait besoin de ça).Basse et guitare rythment des bruits lancinants. Beak est lancé. Un an d'existence à peine, un album trituré en 11 jours en studio, à l'ancienne. Une première tournée entre potes, un concert qui a le goût du spontané et du maitrisé. Une sorte de confédération bristolienne du rock post-pubère entre gens qui ont de la bouteille. A la batterie, Geoff ne lâche rien, tient le rythme sans un break, sans une respiration, avec un acharnement entêtant. De l'autre côté de la scène un mec poupin, genre autiste à bloquer des heures devant une Playstation, fait homme orchestre, triture du synthé comme un dieu, gratouille la guitare, ronronne à la batterie, s'essoufle sur l'anche d'une clarinette avant de bidouiller trois effets. Voilà Matt Williams. Au milieu, pour calmer les montées délirantes, le bassiste Billy Fuller calme le jeu, mène la partie finement. Dans un Magnet plutôt bien rempli pour un lundi, ça écoute attentivement ce truc spontané, sans prétention, tripant. A peine plane t-on un peu trop haut qu'un coup de batterie puissante, un bidouillage sonore nous tire du travers psyché. Ici c'est du trip hop noisy, cadencé, que je n'irai pas jusqu'à qualifier de trip post kraut- d'autres s'en chargent à ma place - Beak est simplement l'un des meilleurs trip post kraut qu'il m'ait été donné d'entendre ces dernières années sic- . Ils ont l'air fatigués les Beak, le week-end a peut-être été trop rude. Pas de rappel, mais les stars rangent tous seuls leur matos, on les trouve plutôt syhmpathiques, pas bégueules. On regrette pas le trajet jusqu'aux confins de l'Est berlinois un lundi soir sous la pluie. Pour ceux qui en savoir plus Beak, George Barrow parle de son projet sur le gonzo site Gonzaï, avant leur concert au nouveau Casino, à Paris. A Berlin, comme d'hab tout ça s'est fait dans le calme, sans grand plan promo, sans surchauffe aux entrées, entre gens civilisés plus tout jeunes. Même pas un sifflet, quand Beak zappe le rappel.
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mardi 1 décembre 2009
Daniel Kahn - Painted Bird ou la "klezmer alienation"
Photos (c) Stéphanie PichonLa musique klezmer berlinoise se porte bien. Schmaltz, Painted Bird, Alan Bern et d'autres se produisent régulièrement ici et là. Des Allemands, des Américains beaucoup. Conversation avec un des rares Américains berlinois germanophile/phone, qui parle même le yiddish. L'accordéoniste Daniel Kahn a créé le groupe Painted Bird à Berlin, un sorte de cabaret klezmer anarchiste. Des punks sans guitare électrique, quoi. Ils jouent ce soir sur la mini-scène du Kaffee Burger, un des endroits incontournables pour les groupes de klezmer berlinois. Et c'est seulement 5 euros.
Pourquoi avoir choisi Berlin? A cause de la musique?je ne suis pas sûr d'avoir choisi Berlin, d'une certaine manière Berlin m'a choisi. J'ai été invité ici par Alan Berlin en 2004, puis j'ai emménagé en 2005. J'avais déjà un intérêt pour le théâtre allemand, celui de Brecht, que j'étudiais à la fac. en arrivant ici j'étais très excité à l'idée d'être dans sa ville, de pouvoir aller au Berliner Ensemble et étudier l'allemand. J'avais déjà joué dans des groupes, mais jamais aussi klezmer. Je commençais juste à m'intéresser à la musique klezmer.
Est-ce que Berlin est "the place to be" en matière de musique klezmer?
Je pense que c'est un des endroits où il faut être. Il y a dix ans, c'était certainement le centre de ce genre là, et peut-être y revient-on un peu aujourd'hui. Mais il y a toujours New York, Moscou ou Tel Aviv.
Le yiddish, tu l'as appris ici?
oui, je ne m'y suis mis sérieusement qu'en arrivant à berlin, et en apprenant l'allemand. Très vite je me suis mis à apprendre des chansons en yiddish et à ales traduire. J'ai même pris des cours à un moment. C'est une langue difficile à parler vraiment couramment parce qu'on n'a personne avec qui la parler.
Qu'as tu trouvé à Berlin qu'il n'y avait pas aux States?
Ca me déprimait de vivre aux Etats Unis et j'étais très intéressé par cette ville. Je pense en général qu'il y a un plus grand respect de la culture ici qu'ailleurs, dans tous les cas plus qu'en Amérique.
Tu veux dire ici, en Europe?
Oui, en Europe. Mais Berlin spécialement parce qu'elle ne s'est pas encore embourgeoisée ou commercialisée, la vie n'y est pas aussi chère qu'à Paris. Bien sûr, ça commence. Mais il y a encore quelque chose de particulier, c'est une ville qui n'est pas encore sûre d'elle même. Et c'est ça que j'aime. Il y a vraiment une attitude critique vis à vis de l'histoire.
La musique de Painted Birds est très impliquée politiquement, et développe un humour très noir..
The Painted birds a vraiment été créé pour décelopper ce genre d'idées. Je suppose que la politique joue un grand rôle dans ce qu'on fait. mais je pense à retourner à des chansons d'amour. Les chansons d'amour peuvent aussi être politiques.
Il y a un certain goût de la provoc aussi...
Je ne veux pas simplement appuyer sur des boutons pour le plaisir d'appuyer sur des boutons. Je pense qu'il peut y avoir une sorte de provocation constructive. Avec l'option destructif vous blessez les gens et ils se ferment. Heureusement vous pouvez aussi provoquer quelqu'un en lui faisant se poser des questions et en ouvrant le dialogue. Mais des fois vous devez faire les deux. Je ne veux pas que les gens soient ennuyés par ce qu'on fait. Généralement ça passe très bien, une chanson peut emmner très loin.
Le public réagit-il de la même manière en Allemagne ou aux Etats-Unis? Parce que tu traduis beaucoup sur scène, en expliquant le contexte de chaque morceau.
Bien sûr il y a une différence puisqu'il y a ce problème de langue. C'ets pourquoi on chante souvent en 2 ou 3 langues. Et le public comprendra toujours au moins une de trois, et n'en comprendra pas du tout une. En fait c'est vraiment ça qui m'intéresse, comment les gens écoutent une langue qu'ils ne comprennent pas. Aux Etats Unis les gens ne sont pas bons pour ça. Mais quand je joue en Russie ou en Pologne, les gens excellent à comprendre une gestuelle de la chanson, même s'ils ne comprennent pas les mots. En Allemagne, c'est intéressant parce que les gens comprennent à peu près le yiddish, tellement c'est proche de l'allemand. Les liens entre allemand et yiddish sont très étranges. C'est une relation un peu provocante. Le yiddish a beaucoup à voir aussi avec le russe ou le polonais. Et c'est intéressant de voir à quel point ce langage condense toutes les relations compliquées entre les juifs et les autres cultures européennes. C'est une sorte de passe-passe. Mais néanmoins c'est un beau langage, pour les chansons et la littérature. Pour en revenir avec les réactions, je trouve que les publics sont différents mais de la même manière. Les jeunes et vieux qui sont ouverts d'esprit, sont les même à Jérusalem, St Petersbourg, Boston, la Nouvelle Orléans ou Hildeberg. Et les publics plus conservateurs qui ont des attentes et ne veulent pas déroger de ce qu'ils attendent, sont les mêmes partout. Ce n'est pas tellement une question de classe, plutôt d'opinion politique.
Pourquoi ce titre d'album "Partisan and parasites"?
Je ne sais pas. Je pense que c'est un titre qui sonne mais cela a aussi à voir avec, vous savez, les questions de combat contre le pouvoir, que signifie "être un partisan aujourd'hui".
Et cela signifie quoi?
Ca dépend dans quelle langue. En anglais "être partisan", ça veut dire que vous appartenez à un parti politique. C'est différent d'être "un partisan". Nous avons quelques chansons qui parlent des partisans pendant la guerre. En fait, une. C'est vrai qu'en concert on joue le morceau sur les partisans français de Leonard Cohen que j'adore, mais j'essaie de la mêler à des chasons des partisan en yiddish. Et parasites.... J'ai commencé à écrire cette chanson sur les parasites en pensant à ces vieilles chansons politiques sur les parasites capitalistes et aussi en pensant à toute la propagande antisémite. C'est une sorte de pied de nez, un conte jouant sur l'idée d'un mec parasite. Derrière la question : ne sommes nous pas tous un peu parasites? Cette question de la dépendance.
Ecris-tu tous les textes?
Pas tous. Les chansons yiddish en général c'est du vieux yiddish, à part Duma. Les chansons allemandes sont généralement des vieilles chansons. Toutes celles en anglais sont les miennes, même les vieilles parce que je fais tout le travail de traduction moi même. En concert on fait des reprises, Leonard Cohen, Jeff Berner.
Tu as rencontré tous les musiciens ici?
Michael, le bassiste, on se connaissait avant. On s'est rencontré à la nouvelle Orléans en 2002. Le batteur Anpus, on s'est rencontré ici, il vient de Suède. Bert, notre tromboniste, saxophoniste, clarinettiste, on s'est rencontré ici. Sur le disque il y a aussi beaucoup de gens qui jouent souvent avec nous, Wanja Juk, Kolenko habite en Russie mais on les a rencontrés en festival Klez Canada. Paul Gresse vient d'Erfurt. On . Paul Brody aussi et Frank London je le connais des States.
Et le Rotfront, ton autre groupe, c'est pour le fun?
J'adore jouer avec eux. C'est le groupe de Youri Gourji, un des gars de Russian disko, et nous avons un nouveau disque. Ils sont géniaux et on prend beaucoup de plaisir. Pour moi c'est le meilleur genre de pop, quand elle permet de passer outre l'intellect. Dans la scène folk, ou klezmer, il y a toujours ces questions intellectuelles sur l'authenticité, l'héritage. Dans la pop, et c'est aussi un problème, c'est plutôt une sorte de globalisation, une réduction de toutes les différences dans la facilité. Mais c'est ça qui est bon! Cela efface les frontières et c'est vraiment aussi simple que : est ce que c'est fun, estce que ça marche, est-ce que ça groove, est-ce que ça fait danser, est-ce que les gens aiment. Si tout ça est ok, rien d'autre ne compte. Le meilleur exemple c'est les Rolling Stones. En terme de folk, ils ont tout volé et ce dont ils parlent peut poser problème, mais en terme de pop, ça marche, c'est du putain de rock'n roll. Je crois en ça. Je continue à croire au rock'n roll.
C'est ce qui rend votre musique intéressante quand vous êtes sur scène, ça a un rapport avec la folk traditionnelle mais pas si sérieuse ou académique, il y a une touche très personnelle.
C'est sérieux et pas sérieux. Nous ne sommes pas un groupe klezmer traditionnel. J'adore jouer avec des groupes traditionnels, je trouve la musique très belle. Certains sont très protecteurs et précieux avec cette musique moi je pense que tu peux la mélanger sans qu'elle soit atteinte. C'est quelque chose que j'ai appris du théâtre. Shakespeare supporte de mauvaises interprétations. Vous pouvez jouer Hamlet mise en scène dans un asile psychiatrique ou sur la planète Mars. Ca ne va pas faire de mal à Shakespeare, ça ne va pas porter atteinte à la pièce, vous vous faites juste du mal à vous. Donc avec la musique Klezmer j'ai pas de réflexe protecteur, et je la mixe avec d'autres influences en essayant de le faire respectueusement et intelligemment. Une grande influence pour moi c'est les Pogues. Et je pense qu'en faisant ce disque j'avais envie de faire un disque Pogues. Ils étaient capables de jouer la musique traditionnelle irlandaise avec une attitude totalement punk. Mais ce qu'ils jouent c'est de la musique irlandaise. Ils jouent de vieux morceaux, ils font des reprises, et puis ces morceaux incroyables de Shane Mc Gowan écrites dans la tradition irlandaise mais avec une interpétation contemporaine. Ils ont été une grande influence pour moi. C'est un alcoolique sérieux, qui n'en a rien à foutre de sa personne. J'ai entendu des tas d'histoire sur lui qui ne venait pas sur scène parce qu'il avait trouvé un bar juste à côté, ils l'ont finalement apporté sur scène et il s'est évanoui après deux morceaux et il a fini à l'hôpital. Je n'ai pas envie de finir comme lui, mais putain ce mec écrit encore de sacrés bonnes chansons.
Comment travaillez-vous avec le label Oriente?
C'est un petit label qui s'occupe pas mal de musique klezmer et de tango. C'est dur de trouver un label pour ce genre de musique, très dur. On cherche un distributeur pour l'amérique du nord, on a encore besoin d'une meilleure distribution en France. Mais Oriente ce sont des gens bien qui ont de super goûts et qui nous soutiennent vraiment. C'est pas facile à vendre comme musique parce qu'elle n'est pas facile à décrire. On a essayé en trois mots, on le décrit comme du yiddish punk cabaret, ou klezmer aliénation ou... Mais il n'y a pas de catégorie dans les bacs des magasins de disque pour ça, et la section klezmer n'est sûrement pas la bonne. On est assez stigmatisé quand on joue du klezmer. Je viens de lire un article dans un journal juif anglais. Ca s'appelait : "Eteint le klezmer, allume les Ramones". Et il disait que la vraie musique juive est contemporaine, urbaine, cosmopolite, cynique, sarcastique, avec un accent américain, comme Steely Dan, Leonard Cohen , Bob Dylan et les Ramones, dont j'imagine que la moitié son juifs. Mais vraiment il n'a rien compris, ni au klezmer ni au punk. C'est peut-être vrai que tous les groupes qu'ils citent sont la vraie musique juive, ils ont tous été de grandes sources d'influence pour moi mais ce qu'il ne comprend pas c'est comment tout ça est lié à la musique klezmer. Il n'y a rien de contemporain avec les Ramones, c'était il y a trente ans, et je les aime toujours. Les gens ont des préjugés contre le klezmer, ça les met mal à l'aise, ils pensent que c'est kitsch, faussement enraciné, reconstruit, mais ils ne saisissent pas vraiment son essence. C'est une musique marginale, une scène minuscule et il y a toutes sortes de raisons au fait que les gens ne comprennent pas le yiddish, ne le parlent pas, et ne savent pas comment écouter du klezmer mais je pense juste qu'aucune n'est une bonne. On peut entendre cette musique même sans savoir que c'est du klezmer, et c'est ce qui se passe avec beaucoup de gens. Et c'est du punk aussi. Les Fugs dans les années 60, qui étaient une sorte de groupe punk avaient un morceau qui s'appelait "nothing" : monday nothing, tuesday nothing.... C'est une des meilleurs chansons punk. ET c'est un morceau populaire yiddish. En fait ça s'appelait "bulbes" et c'était une chanson sur les patates. c'était Turi Kopfergerg, c'était des juifs, des anarchistes juifs. Louis Amstrong disait à propos de la musique populaire "tout est musique populaire parce que personne n'a jamais entendu un cheval chanteur". C'est pareil pour la catégorie world music, qu'est ce qui n'est pas world music, je n'aime pas cette catégorie.
Comment vit-on en tant que juif en Allemagne aujourd'hui?
Je suis très conscient d'être juif ici, mais je ne dirai pas que je vis ici en tant que juif. Je ne suis pas religieux, je joue de la musique juive, mais la plupart des gens avec qui je joue ne sont pas juifs et je ne joue pas non en plus en tant que juif. Mais être juif en Allemagne aujourd'hui, c'est mieux qu'être juif en Allemagne.... enfin tu sais, en d'autres temps. Ici t'en viens toujours à penser à ce qui s'est passé peut-être plus que n'importe où ailleurs, mais les Allemands aussi y pensent. Beaucoup de gens en ont marre d'ailleurs. Je comprends ça assez bien. J'ai été élevé avec une éduction de l'héroïsme de l'holocauste, et les Allemands aussi. Nous partageons ça. Et c'est bien de ne pas avoir à y penser en permanence. D'une autre côté c'est important de se souvenir, de se poser des questions sur cette histoire. Mais nous ne nous posons pas toujours les bonnes. Aux Etats-Unis, les juifs me demandent la même chose "Comment peux-tu vivre à Berlin".
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lundi 30 novembre 2009
Symphonie post-industrielle sous la nef du Berghain
(c) Photo DälekBerlin n'arrête jamais, pas même le dimanche soir à l'heure où on aurait envie de se coucher, pas même dans ses temples de la nuit où zonent encore quelques ombres n'ayant pas fermé l'œil depuis 24h. Le Berghain trône au milieu de sa zone industrielle. Pour une fois pas de queue, même si les taxis sont là, en ligne. Le club le plus couru et le plus underground de Berlin invite à son salon électronique. Ce soir l'ex percusionniste/performer des Einstürzende Neubauten, FM Einheit, vient taper du tuyau avec Hans Joachim Irmler aux machines. Le rock noir et industriel des années 80 a laissé place à la musique électronique expérimentale, improvisée, planante et bruyante. FM Einheit martèle toujours le métal avec outils et perceuses, l'heure est toujours à la noirceur, mais le set a viré vieux virtuose de la machine. Les morceaux durent longtemps, installent une ambiance, la musique n'est pas que bruit défouloir ou énergie dévastatrice, elle est lisible, claire, puissante. Ca vous remue les tripes, ça vous remonte par les pieds. Mais ce n'est qu'un avant-goût, une première partie, une mise en bouche. En haut de l'affiche de cette soirée c'est Dälek les rappeurs new yorkais qui balancent autant de son à deux que trois marteaux-piqueurs réunis. C'est frontal, bruyant, violent le flow n'est pas extraordinaire mais l'important c'est l'expérience opressante, une bande son de sensations qui pousse le hip hop au rang de musique expérimentale, poisseuse et sombre. On n'est plus très loin de la désespérance bruitiste des Neubauten. On comprend l'équilibre de la programmation. On a juste mal aux oreilles de tant d'épuisement sonore. Mais que c'était bon.
mercredi 30 septembre 2009
Petit guide de l'agité culturel dans Berlin post-électoral
Quelques affiches électorales trainent encore, la tête de Yusuf Bayrak ne fait même pas la gueule de n'avoir raflé qu'1,5% des voix à Neukölln, et Merkel affiche un sourire empreint de (fausse) modestie à Charlottenburg sûre désormais d'avoir le Kraft pour quelques années encore. Voilà, les élections c'est fait, rien de glorieux, mais on ne s'attendait pas vraiment à autre chose, non? Dimanche soir, le Deutsches Theater annonçait sobrement les scores sur un tableau de fortune sur les marches, pendant que je m'engouffrais dans la Kammerspiele. Herz der Finsternis au programme, adaptation du roman de Conrad, Au cœur des ténèbres, par le tout nouveau "Hauptregisseur" de la vénérable institution berlinoise Andreas Kriegenburg. C'est cette pièce qui a ouvert la saison du DT, c'est cette pièce qui devait marquer la nouvelle Hamburg touch, puisque Kriegenburg est venu sous la houlette de l'ancien directeur du Thalia Ulrich Khuon, aujourd'hui Intendant du Deutsches Theater. Autant dire que l'accueil berlinois a été froid. Le mien également. Après le mythologique récit de Conrad, après le colossal Apocalypse Now, il fallait tenir la route. Ce fut plutôt une dé-route. Comme celle du SPD. Mais Berlin se reprend, et étire son week-end pour cause de fête nationale le 3 octobre, ou plus exactement de fête de la réunification. Mon GPS à bons plans a repéré de quoi suroccuper les quatre jours à venir : une fête géante avec le Royal de Luxe, Shannon Wright au Magnet, la première du Woyzeck de Robert Wilson/Tom Waits/Kathleen Brennan mis en scène par la jeune Jorinde Dröse au Deutsches Theater, le décapant Dritte Generation pour grincer des dents à la Schaubühne, Le wall de Pink Floyd transformé en road-theater dans Berlin aux Sophiensaele, René Pollesch et sa Ruhr Trilogie à la Volksbühne, le Vent du nord qui souffle sur le Hebbel am Ufer, Prejlocaj qui revisite Blanche Neige au Deutsche Oper, l'ouverture avec Rachid Taha du Francophonic Festival à la Kesselhaus, l'expo Modell Bauhaus qui ferme ses portes dimanche, Pélléas et Mélisande de Debussy joué au Neuköllner Oper. N'en jetez plus, et pourtant.... Il y a tellement d'autres choses. Voilà ce que j'ai déjà vu les jours derniers, et que je conseille, ou non.. J'ai revu le Dritte Generation de Yael Ronen, metteure en scène israélienne, et je ne le regrette pas. Courez voir cette thérapie de groupe judéo-palestino-allemande, qui ne laisse pas le public de côté. Ca dérange, ça grince, ça soulage. Mais j'en avais déjà parlé là. C'est jusqu'au 4 octobre tous les soirs à 21h, à la Schaubühne.Hier soir, Angelin Prejlocaj m'a émerveillée avec son Blanche Neige (Schneewitchen en allemand) donné au deutsche Oper. Pourtant
le premier quart d'heure m'a fait craindre le pire. Il a voulu se frotter au ballet classique, et malgré une introduction envelopée de sobre noirceur, les scènes de cour avec roi/princesse, courtisans et pirouettes semblait ramener à une époque révolue. Mais heureusement pour le conte, Blanche Neige quitte le chateau, et Prejlocaj les convenances.Les décors imaginés sont à couper le souffle, cette forêt sombre où filtrent quelques rais de lumière, ce tronc d'arbre dont les cavités autorisent à la plus époustouflante des scènes aériennes.Il travaille avec des danseurs classiques et respecte ça, tout en apportant sa touche, et en profitant des budgets faramineux pour nous éblouir à coups d'illusions, de décors magnifiques. Les costumes signés Jean-paul Gaultier sont à la hauteur à part cette pauvre Blanche Neige qui se retrouve drapée dans un string-pagne sans grâce. Prejlocaj respecte aussi à la lettre le conte des frères Grimm, c'est narratif, on se rend compte que finalement on connait l'histoire par coeur. Mais pour parler danse, les danseurs sortent de leur carcans, les pirouettes s'effrondrent par terre. Ce pas de deux avec une morte entre le prince et Blanche Neige est le point d'orgue de cette alliance entre la virtuosité des danseurs et l'identité forte de Prejlocaj. Il y a cependant cette musique souvent trop forte, mal équilibrée, dont on comprend mal pourquoi elle n'a pas été jouée en direct par un orchestre. Beatrice Knop qui danse la mârâtre set fabuleuse sculptée dans la robe sexy de Gaultier. C'est elle qui rompt magnifiquement le charme dans un dernier solo endiablé. A voir le 2 octobre au Deutsche Oper, 19h30.J'en reviens à ma petite déception de la semaine : Herz der Finsternis. Andreas Kriegenburg fait le choix de laisser parler le texte, l'adaptation comporte très peu de dialogue, beaucoup de récitations, de préférence en chorale. Un dire-ensemble qui s'avère poussif, artificiel. On perd alors de vue la chair du roman, son incroyable noirceur, son aura mythologique. Il y a pourtant de très belles images façonnées là, comme ces six marionnettes géantes, squelettes noirs faméliques, symboles d'une Afrique pillée, ou ces trois murs blancs "psychiatriques" où la raison n'a plus cours. Mais la troupe des sept acteurs semble engluée dans le texte presque autant qu'elle est dans la glaise qui recouvre corps et visages. Le personnage de Kurtz n'a pas assez de charisme ni de mystère, Marlow demeure désespérément seul malgré les six voix qui le portent dans son voyage au bout de l'enfer. Au Deutsches Theater, c'est plutôt la première de Woyzeck demain soir qui retient mon attention. Le concept est de Robert Wilson, les chansons ont été écrites et composées par Tom Waits et sa compagne Kathleen Brennan et la pièce montée en 2000 au Berliner Ensemble. Aujourd'hui c'est la jeune Jorinde Dröse qui s'y frotte pour sa première pièce au Deutsches Theater. Le rock trouble de Tom Waits pour revoir la pièce inachevée de Büchner. Ca devrait valoir le coup. J'allais oublier, le DT ouvre ses portes, ses coulisses, ses salles de répétition aux visiteurs le 4 octobre à partir de 14h. On devrait pouvoir y croiser comédiens, metteurs en scène et techniciens. Woyzeck première le 2 octobre au DT, Herz der Finsternis, le 7, le 13 et le 17 octobre.
Découverte réjouissante la semaine dernière au Heimathafen de Neukölln, un tout jeune théâtre géré par une troupe qui a décidé de faire une scène locale, innovante et en même temps attachée à son quartier. Samedi soir la salle était encore pleine à craquer pour la pièce à succès de cette petite scène, Arabboy. Une adaptation du roman-docu de Güner Balci, travailleuse sociale de Neukölln. Dans ce scarface à la sauce berlinoise, un petit malfrat d'origine kurdo-palestinienne, y traine son désoeuvrement avant de basculer du côté sombre : proxénétisme, viol, vols, trafic, prison. La trame en elle-même n'a rien de très original, penche parfois même dans le cliché même si elle a le mérite de poser un regard froid et sans psychologie sur cette histoire personnelle dramatique. La metteure en scène Nicole Oder s'en tire avec intelligence, choisit d'accélérer toujours plus le rythme, sans jamais qu'on reprenne son souffle. Cela aurait été impossible sans la prestation époustouflante des acteurs. Un trio explosif : le héros joué par le tout jeune Hüseyin Ekici, 18 ans, tout en énergie et en puissance, et deux électrons sensationnels qui endossent pas moins de 17 rôles annexes. Inka Löwendorf et Sinan Al-Kuri font de cette pièce un moment exceptionnel, où jamais la tension ne retombe malgré un décor réduit au strict minimum et aucune sortie de scène. Inka Löwendorf joue les caméléons sans transition entre un petit malfrat qui vit dans l'ombre du copain grande gueule, une mère voilée dépassée par la violence de son fils, une juge pour mineurs à mille lieux des réalités du quartier, une jeune fille violée, une midinette fleur bleue, un vieux réparateur de chaises au parler berlinois. Dans ce jeu de métamorphose elle nous étourdit, gardant elle toujours le cap. Ce week-end pas de représentations d'Arabboy, le Heimat Hafen se consacre à un festival de slam, et Inka Löwendorf, entrée dans la troupe de la Volksbühne, joue dans Der Bauch, de Kurt Bartsch, une comédie familiale made in DDR que je n'ai pas encore vue mais qui semble faire le régal des critiques (et ça n'est pas si fréquent à la Volksbühne). Pour René Pollesch et sa Ruhr Trilogie, dont la Teil 2 est à voir en ce moment dans le théâtre de Castorf, on y reviendra plus tard, mais à conseiller aux passionnés de cabaret post-industriel.
Pour ce que je n'ai pas vu, mais que je conseille : la balade en bus sur les traces du mur et de Pink Floyd au nom interminable 400asa Sektion Nord Der Sumpf. Europa Stunde Null programmée jusqu'à samedi par la Sophiensaele, le Nordwind festival accueilli par le Hebbel am Ufer où théâtre, danse, installations, performances, concerts venus des pays du Nord se déclineront à la Hau 1, 2 et 3 jusqu'au 9 octobre. Rachid Taha vient ouvrir le Francophonic Festival avec un concert ce soir à la Kesselhaus. Jusqu'au 18 octobre on y verra aussi Peter Van Poehl, Oshen, Mansfield Tya, Sebastien Schuller ou Stuck in the Sound.
S'il reste du coeur et de l'énergie dimanche soir la sombre Shannon Wright sera au Magnet pour un concert intime. Je ne garde pas un souvenir indélébile de son passage à Bordeaux il y a deux ans, trop timide, trop effacée derrière sa grande frange mais la voix ferait frissonner n'importe qui. Pas non plus encore écouté son dernier album Honeybee girls qui vient de sortir, mais Flight safety et Let in the light sont des petits bijoux.
lundi 24 août 2009
TANZ IM AUGUST Daniel Linehan : derviche tchatcheur
© Jason SommaDans un Podewill labyrinthique, les surprises émergent à tous les étages. Coeur du festival, le vieux Palais délaissé des alentours de l'Alex tombe les cartes des propositions les plus étranges/iconoclastes. Hier soir le bruit s'était propagé : "il faut aller voir ce jeune Daniel Linehan, il parait que c'est génial". Cédant à la rumeur, j'ai ajouté la performance pas prévue à mon programme. 35 minutes de tournis. Il a l'air d'un adolescent dans son jean/T-shirt blanc so new-yorkais (impossible de trouver son âge même en fouillant). La salle est pleine à craquer, je fais partie de ceux qui entourent la scène où le performer tourne tel un derviche. Mais là où les tourneurs cherchent la transe et l'abandon, Linehan reste dans le contrôle total. Tout démarre dans le silence. Il tourne très lentement sur lui-même, prend le temps de prendre possession de l'espace, du public. Son regard n'évite personne. Sa voix se lance en même temps qu'une bande enregistrée. Doublage résonnant. Il parle presque tout le temps. Dans un slam répétitif il nous explique "that is not about everything". Ceci n'est pas une thérapie, ceci n'est pas de l'endurance, ceci n'a rien à voir avec l'Irak, ceci n'a rien à voir avec l'Afghanistan, ceci n'a rien à voir avec moi.... Lente énumération négative, fourre-tout interrogatif qui s'auto-questionne sur le sens de la performance et du mouvement. D'une étonnante lucidité, drôle aussi parfois, ce tournis construit un espace circulaire et hypnotique. Les pieds de Daniel Linehan sont le centre du trou noir qui nous happe de sa force centrifuge. Ses mots montent s'échappent, son corps dessine des mouvements subtils. Et nous sommes bien obligés d'adhérer. L'énumération slamée, un peu facile, frôle la vacuité. (tout énumérer en négatif c'est tout dire et donc ne rien choisir). Daniel Linehan feint la posture du doute. "Je tourne pour éviter le regard des spectateurs" explique en substance le danseur. Mais il se dégage trop d'assurance créative de ce visage adolescent pour qu'on y croit. Nous sentons qu'il sait qu'il séduit. Fausse modestie pardonnée tant la vitalité est belle. Le derviche speaker s'arrête net à la fin du spectacle, sans avoir l'air phsyiquement affecté par son propre mouvement un peu fou. Nous par contre en avons encore le tournis. Il nous faut son signe de la main pour nous indiquer que c'est fini. Touché. Ceci est de la danse.
23h, Podewill n'a pas encore lâché tous ses trésors. Gérald Kurdian prend le micro pour un show intergalactique "1999", en franglais incredibly hilarant. Devant son piano bidouillé, il nous joue la partition d'une BO de film d'horreur de série b filmé en direct. The Menace des extraterrestres plane sur la terre. Leur cible : the house of the hero and his wife. The military base of the devil prépare the fight. A chaque scène Kurdian nous bidouille une chanson en homme orchestre multimédiatisé. Ratages assumés, cheap side of the rock. Un petit bijou de spectacle, arty mais pas chiant, bidouillé mais savant. Ses morceaux au piano tirent vers Lou Reed ou Bowie. Conteur gaffeur, improvisateur, le monsieur sort en plus un putain de chant juste, d'une voix qu'il module comme il le veut. Je ne peux que conseiller d'aller consulter ses dates de concert ici. Son disque c'est "this is the hello monster". Quant à moi, je vais peut-être récidiver ce soir mon errance podewillienne.
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23h, Podewill n'a pas encore lâché tous ses trésors. Gérald Kurdian prend le micro pour un show intergalactique "1999", en franglais incredibly hilarant. Devant son piano bidouillé, il nous joue la partition d'une BO de film d'horreur de série b filmé en direct. The Menace des extraterrestres plane sur la terre. Leur cible : the house of the hero and his wife. The military base of the devil prépare the fight. A chaque scène Kurdian nous bidouille une chanson en homme orchestre multimédiatisé. Ratages assumés, cheap side of the rock. Un petit bijou de spectacle, arty mais pas chiant, bidouillé mais savant. Ses morceaux au piano tirent vers Lou Reed ou Bowie. Conteur gaffeur, improvisateur, le monsieur sort en plus un putain de chant juste, d'une voix qu'il module comme il le veut. Je ne peux que conseiller d'aller consulter ses dates de concert ici. Son disque c'est "this is the hello monster". Quant à moi, je vais peut-être récidiver ce soir mon errance podewillienne.
Thème:
Daniel Linehan,
Danse,
Gérald Kurdian,
Musique,
Tanz im August
dimanche 5 juillet 2009
Un été culturel à Berlin
J'ai toujours aimé les grandes villes l'été, quand le rythme ralentit, les jours rallongent et la culture prend le plein air. D'accord Berlin n'a pas vraiment besoin d'être "ralentie". C'est peut-être pour ça que les programmes culturels y sont moins suspendus qu'en France. Ici les théâtres rendent les clés mi-juillet et reprennent fin août. Rien à voir avec les tunnels estivaux français de 4 mois de long. Voici ce qui s'annonce dans les jours et semaines à venir à Berlin.
Encore un peu de théâtre
Les grandes insitutions prennent les vacances dans quelques jours. A la Schaubühne, reprise de Songe d'une nuit d'été (Sommernachttraüm) fruit d'une collaboration entre Ostermeier et l'explosive Constanza Macras qui d'ailleurs présentera sa nouvelle création sur cette même scène en janvier prochain "Megalopolis". A la Volksbühne grand marathon antique du 10 au 13 juillet dans l'amphithéatre construit devant le théâtre en rénovation. Prométhée par Gotscheff, Die Vögel ohne Grenzen par Savary, Médée par Castorf, Antigone et Elektra par Schroeter. Le Deutsches Theater annonce un "finale" en rejouant tous ses succès de la saison avant la fermeture estivale le 11 juillet. Comme d'habitude, la plupart des pièces affichent complet mais on peut toujours tenter sa chance le soir même pour aller voir "Qui a peur de Virginia Woolf" et "Oncle Vania" mis en scène par Jurgen Gösch, ou "Wildente - Les canards sauvages"et "Emilia Galotti" par Talheimer. Du théâtre il y en aura aussi tout l'été et en plein air dans les ruines de la Kloster abbaye, en plein Mitte. En alternance les Fourberies de Scapin et La Mouette. C'est gratuit. Le Theater forum Kreuzberg reste aussi ouvert tout l'été avec entre autres La résistible ascencion d'Arturo Ui de Brecht. On signalera aussi le F40 - English Theater aussi à Kreuzberg.
Musique non stop
C'est un peu faux, le rythme se ralentit pour les concerts dans les salles classiques mais foule de festivals, événements. 2e édition du Wassermusik Festival à la HKW, en bord de Spree. Cette année grand écart entre l'accordéon et la musique carribéenne. Omar Sosa, Lee Perry et Adrian Scherwood seront entre autres de la partie. Et surtout c'est pas cher (10 euros la journée+soirée). Le grand raout de Tempelhof jouera dans une autre catégorie. Le Berlin festival 2009 envahit l'ancien aéroport berlinois (une autre forme de squat) avec du gros : Doherty, Peaches, Digitalism, José Gonzales, Saint Etienne, the Rifles. Pas vraiment de l'alternatif. Ni du bon marché. 32 euros la soirée, 49 euros les deux jours, en prévente. Sur place, bien plus cher.
Moins rock, plus variété, la Citadelle de Spandau fait défiler tout l'été du grand show à très cher. Le 7 juillet Goran Bregovic et Shantel (40 euros), le lendemain Calexico et Lambchop (35 euros), Marianne Faithfull le 25 juillet.
La danse contemporaine
C'est peut-être là qu'on se repose le moins. La programmation continue un peu partout. Je vais la semaine prochaine voir "Les possédés" par la Cie Limnaois, à la Halle, Prenzlauer Berg. Dock 11 continue, notamment hors les murs avec une création de Nir de Wolff/Total Brutal "Action" à la nouvelle synagogue de Berlin du 11 au 18 juillet.En août il y aura le grand rendez-vous de Tanz im August (15 au 30 août) dont on reparlera dans ce blog.
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Encore un peu de théâtre
Les grandes insitutions prennent les vacances dans quelques jours. A la Schaubühne, reprise de Songe d'une nuit d'été (Sommernachttraüm) fruit d'une collaboration entre Ostermeier et l'explosive Constanza Macras qui d'ailleurs présentera sa nouvelle création sur cette même scène en janvier prochain "Megalopolis". A la Volksbühne grand marathon antique du 10 au 13 juillet dans l'amphithéatre construit devant le théâtre en rénovation. Prométhée par Gotscheff, Die Vögel ohne Grenzen par Savary, Médée par Castorf, Antigone et Elektra par Schroeter. Le Deutsches Theater annonce un "finale" en rejouant tous ses succès de la saison avant la fermeture estivale le 11 juillet. Comme d'habitude, la plupart des pièces affichent complet mais on peut toujours tenter sa chance le soir même pour aller voir "Qui a peur de Virginia Woolf" et "Oncle Vania" mis en scène par Jurgen Gösch, ou "Wildente - Les canards sauvages"et "Emilia Galotti" par Talheimer. Du théâtre il y en aura aussi tout l'été et en plein air dans les ruines de la Kloster abbaye, en plein Mitte. En alternance les Fourberies de Scapin et La Mouette. C'est gratuit. Le Theater forum Kreuzberg reste aussi ouvert tout l'été avec entre autres La résistible ascencion d'Arturo Ui de Brecht. On signalera aussi le F40 - English Theater aussi à Kreuzberg.
Musique non stop
C'est un peu faux, le rythme se ralentit pour les concerts dans les salles classiques mais foule de festivals, événements. 2e édition du Wassermusik Festival à la HKW, en bord de Spree. Cette année grand écart entre l'accordéon et la musique carribéenne. Omar Sosa, Lee Perry et Adrian Scherwood seront entre autres de la partie. Et surtout c'est pas cher (10 euros la journée+soirée). Le grand raout de Tempelhof jouera dans une autre catégorie. Le Berlin festival 2009 envahit l'ancien aéroport berlinois (une autre forme de squat) avec du gros : Doherty, Peaches, Digitalism, José Gonzales, Saint Etienne, the Rifles. Pas vraiment de l'alternatif. Ni du bon marché. 32 euros la soirée, 49 euros les deux jours, en prévente. Sur place, bien plus cher.
Moins rock, plus variété, la Citadelle de Spandau fait défiler tout l'été du grand show à très cher. Le 7 juillet Goran Bregovic et Shantel (40 euros), le lendemain Calexico et Lambchop (35 euros), Marianne Faithfull le 25 juillet.
La danse contemporaine
C'est peut-être là qu'on se repose le moins. La programmation continue un peu partout. Je vais la semaine prochaine voir "Les possédés" par la Cie Limnaois, à la Halle, Prenzlauer Berg. Dock 11 continue, notamment hors les murs avec une création de Nir de Wolff/Total Brutal "Action" à la nouvelle synagogue de Berlin du 11 au 18 juillet.En août il y aura le grand rendez-vous de Tanz im August (15 au 30 août) dont on reparlera dans ce blog.
jeudi 19 mars 2009
Blurt au Live@Dot

Il y a encore deux jours, je ne connaissais pas leur existence. Quoi? Tu connais pas BLURT ???? J'ai bien compris en regardant le public de la salle que ce concert était spécial, genre fan club chic, réunion d'ex-punks devenus néo-branchés qui venaient se donner encore des frissons avec un mec de 60 ans toujours pas revenu de sa coupe iroquois. Bref Blurt fait partie de la légende rock, enfin surtout sa figure, son poète, son éructeur, son aboyeur : Ted Milton. Le garçon a une classe toute anglaise, cheveux rasés, crête discrète, costume, saxophone. Moi c'est l'affiche qui m'a fait venir. Croisée par hasard sur les murs de la ville. Beau graphisme, pogo jazz noir écrit en petit. The last last tour, deuxième version. Ca c'est de l'ironie de vieux briscards annonçant depuis trop longtemps (ça fait 28 ans que ça tourne) leur ultime tournée.
Et me voilà au milieu de fans absolus qui ont déjà du voir le trio 20 fois en concert dans toute l'Europe, ou peut-être à Berlin en 81. Blurt y avait enregistré son deuxième album. Un live "In berlin", devenu mythique. L'onde monte dès les premiers roulements de tambour. La Batterie se joue comme une machine, presque une transe. La guitare enchérit là dessus. Milton a la base pour lancer ses phrasées de free sax et ses grondements de poète. On pense à The Ex, en plus direct, plus rock, plus populaire presque. Je m'attendais à un truc plus expérimental. Là leur musique puise à des sources populaires qui rendent leur musique immédiatement accessible : funk, jazz, hip hop, afrobeat, blues. La musique noire colle aux baskets du grand white English. C'est bon très bon même. Je jette un oeil autour. Ca sourit de plaisir. Parait qu'en plus le sir Milton était de bonne humeur ce soir là.
Tout ça se passait au Live@Dot, nouvelle salle berlinoise installée en lieu et place du Club 103 aux pieds du Oberbaumbrücke, à Kreuzberg. Bonne taille de salle, bonne prog. A suivre...
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Tout ça se passait au Live@Dot, nouvelle salle berlinoise installée en lieu et place du Club 103 aux pieds du Oberbaumbrücke, à Kreuzberg. Bonne taille de salle, bonne prog. A suivre...
vendredi 13 mars 2009
Out of grey...

Gris, pluie, gris, pluie. Luttons contre le monocolore et l'ennui. Evitons l'extérieur, frayons nous des chemins pop et roses, chic et tumultueux dans les cours et dédales berlinois. Plan d'action pour un week-end out of GREY à Berlin.Mettez du rose, direction le Wirrwarr (photo), pas moyen de trouver sans connaitre l'adresse. Au fond de la seconde cour, un bar esprit loft aménagé par deux françaises, branchées féminisme, art contemporain et gay community. On en avait déjà parlé lors du PornFilmFestival. Ce soir Céline Robinet alias Kakosonia y organise la première rencontre internationale de slam de Kreuzkölln, 2e session. 20h, prix d'entrée à tirer aux dés. Rose aussi la robe de la chanteuse queer dans "Jenseits : Bist du schwul oder Türke?" une pièce présentée au théâtre Ballhaus Naunynstrasse. Chaudement recommandé, on y était hier soir et on en reparlera sur ce blog. Acteurs formidables et texte percutant. Autre remède à l'ennui gris, le Hamlet revu par Ostermeier joue dimanche et lundi, à voir rien que pour ses 20 premières minutes extatiques.
Turque et pop, également au Suppamolly samedi soir avec le mix de DJ Ipek et son Eklektik Berlinistan.
Info, intox? Ce serait la dernière soirée du Karmanoia, le bar-squat de la Mainzerstrasse. Depûis que j'habite là j'ai du entendre au moins 20 fois la rumeur. Samedi soir donc vraie-fausse soirée de clôture, à coup sûr on y jouera des coudes. Les Haferflocken Swingers, groupe presque résident, y joueront. Ils seront aussi la veille au FrühPerle, nouveau bar de la Boddinstrasse, à la déco comics et aux patrons perchés. On y a passé quelques soirées sympa, manque juste un peu de monde pour remplir l'espace immense.
Rouge le concert des Pony Hoax au Röter Salon de la Volksbühne. Dernière soirée avant réfection. La Volksbühne se prépare à six mois de transhumance entre Prenzlauer berg et Mitte pour grands travaux.
Demain après-midi s'ouvrent également les dépôts du BuchstabenMuseum, sur la Leipzigerstrasse. Pour les amoureux de la lettre, de la typo et du graphisme.
Si vraiment ça ne suffit pas, les bains de Neukölln. ont rouvert depuis la semaine dernière. Impeccable pour s'oublier dans la vapeur et les mosaiques arts déco.
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Turque et pop, également au Suppamolly samedi soir avec le mix de DJ Ipek et son Eklektik Berlinistan.
Info, intox? Ce serait la dernière soirée du Karmanoia, le bar-squat de la Mainzerstrasse. Depûis que j'habite là j'ai du entendre au moins 20 fois la rumeur. Samedi soir donc vraie-fausse soirée de clôture, à coup sûr on y jouera des coudes. Les Haferflocken Swingers, groupe presque résident, y joueront. Ils seront aussi la veille au FrühPerle, nouveau bar de la Boddinstrasse, à la déco comics et aux patrons perchés. On y a passé quelques soirées sympa, manque juste un peu de monde pour remplir l'espace immense.
Rouge le concert des Pony Hoax au Röter Salon de la Volksbühne. Dernière soirée avant réfection. La Volksbühne se prépare à six mois de transhumance entre Prenzlauer berg et Mitte pour grands travaux.
Demain après-midi s'ouvrent également les dépôts du BuchstabenMuseum, sur la Leipzigerstrasse. Pour les amoureux de la lettre, de la typo et du graphisme.
Si vraiment ça ne suffit pas, les bains de Neukölln. ont rouvert depuis la semaine dernière. Impeccable pour s'oublier dans la vapeur et les mosaiques arts déco.
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